Entre le Château de Fougères, le Beffroi, les églises et clocher avec vue remarquable, c’est tout un Quartier médiéval qui s’ouvre à vous. Faites un saut dans le temps pour partir à la découverte de plus de mille ans d’histoire.

Fougères, mille ans d’histoire aux Portes de la Bretagne

À la fin du 10ème siècle, au fond de la vallée du Nançon, sur un îlot rocheux, enserré entre les marais, s’est installé un simple donjon de bois. En 1166, il est détruit par le roi anglais Henri II Plantagenêt. Raoul II reconstruit aussitôt une forteresse de pierre. Ses défenses adaptées (onze tours, fossé, créneaux, machicoulis, meurtrières, merlons, courtines et chemin de ronde) et améliorées pendant 400 ans font du Château de Fougères un grand livre d’histoire et d’architecture militaire. Le château reste aujourd’hui dans sa configuration à peu près tel qu’il était dans la seconde moitié du 15ème siècle.

Son plan se présente comme une organisation traditionnelle des défenses médiévales en trois enceintes

  • la première enceinte (ou avancée) doit permettre de filtrer les entrées.
  • la seconde, appelée basse cour, est une zone où s’organise la vie quotidienne en temps de paix et qui sert de refuge à la population en temps de guerre.
  • la troisième enceinte, le réduit, domine l’ensemble. C’est l’espace le mieux défendu, censé abriter le donjon d’où l’on commande l’ensemble du château.

J’ai vu le château en bois de mes ancêtres réduit en cendres par les Anglais. Obstiné, engagé, j’ai demandé sa réédification en pierres cette fois ! Les premières pierres d’une future forteresse. 

Le lieu central de Fougères : son Château 

Fougères doit son origine à son imposant château, installé il y a plus de mille ans sur un éperon rocheux entouré des eaux de la rivière Nançon qui firent office de douves naturelles. Elle se compose de deux villes : la Ville Basse, entourant le château et l’église de Saint-Sulpice, sur la rive droite du ruisseau Nançon ; et la Ville Haute, sur la rive gauche de ce ruisseau, avec l’église Saint-Léonard, l’Hôtel de Ville et le Beffroi

Aujourd’hui, chaque tour porte un petit nom ; parmi mes endroits préférés : les sous-sols des tours Raoul et Surienne ; le passage entre les tours Coigny et Coetlogon, qui date du temps de Raoul II justement !

La vie médiévale à Fougères

La ville médiévale se développe alors au pied du château sur les bords de la rivière du Nançon où les premières activités artisanales apparaissent : draperie, tannerie, teinturerie.

La forteresse est entourée au cours de l’histoire d’une ceinture de remparts et de 11 tours afin d’assurer la sécurité des habitants de la Haute-Ville qui, indépendant militairement, édifient aussi un tribunal et un Hôtel-de-Ville pour se doter d’un pouvoir administratif et judiciaire. Cette autonomie se traduira également par l’érection du Beffroi en 1397. 

Fougères, ville assiégée par les Anglais

Le Chateau de Fougeres

Jusqu’à son rattachement à la France, en 1448, Fougères est la proie des Guerres de Succession. Tour à tour, Anglais et Français s’en emparent. 
En 116, Fougères est assiégé par Henri II d’Angleterre, qui ruina le château. Ce dernier est reconstruit dès 1173 en pierre par Raoul II de Fougères. 
Dans la nuit du 23 au 24 mars 1449, François de Surienne, espagnol au service de l’Angleterre, s’empare par surprise de la ville et du château. Après un siège de 2 mois orchestré par les troupes bretonnes commandées par le prince Pierre frère du duc, les Anglais se rendent et quittent Fougères. 
Au XVIIIème siècle, des incendies successifs détruisent le centre intra-muros qui sera par la suite reconstruit en granit. 

Le plus ancien Beffroi de Bretagne est à Fougères

Symbole de la richesse des échanges commerciaux avec les régions lointaines, le premier Beffroi de Bretagne a été érigé par les bourgeois de la ville en 1397. Son architecture est inspirée des modèles flamands que les drapiers de Fougères ont découverts lors de leurs voyages en Flandres. Sur la cloche est gravée l’inscription : « En 1397 les bourges de Fougères me firent et m’appellent Roland Chapelle ». 

L’église flamboyante de Saint-Léonard

Fondée au XIIème siècle, reconstruite aux XVème et XVIème, l’église Saint-Léonard a été désorientée et agrandie au XIXème et dotée d’un portail et d’une rosace de six mètres de diamètre  de style gothique flamboyant. 
À l’extérieur, vous pourrez admirer la façade nord avec ses balustres et ses curieuses gargouilles. 
La chapelle sud abrite le plus ancien vitrail (XIIème siècle) de Bretagne et qui provient de l’abbaye de Saint-Denis près de Paris et l’Assomption, un tableau d’Achille Dévéria de 1835. La chapelle nord conserve un tableau d’Eugène Dévéria (XIXème siècle). Les frères Dévéria étaient amis de Victor Hugo. 

Ho c’est haut ! Un clocher au dessus des toits

Vue depuis le clocher Saint Léonard

Ne passez pas à côté du Clocher de l’église Saint-Léonard qui se visite en été. La visite débute par un premier escalier de pierre typique de l’époque médiévale, et se poursuit avec un second escalier en colimaçon vous faisant tourner la tête entre les statues anciennes exposées aux murs. Après cette ascension vous accéderez à la balustrade du Clocher où vous pourrez découvrir un incroyable panorama sur Fougères, son Château, la Ville, et si vous tourner tout autour du clocher c’est la campagne et les bocages qui s’ouvriront à vous.

Ici se trouve le plus ancien vitrail conservé en Bretagne

La chapelle mortuaire de l’église abrite le plus ancien vitrail conservé en Bretagne :  le médaillon de Saint-Benoît.

Offert par un paroissien après la Révolution, il provient de l’abbaye Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et illustre l’histoire de Saint-Benoît.

À gauche du vitrail, il rentre au monastère où l’abbé lui tend son habit de moine : à droite, un prêtre lui rend visite.

Le Quartier Médiéval

La ville basse (ou le bourg viel) est le plus vieux quartier de Fougères. Il est également le seul à avoir conservé ses maisons à pans de bois du 17ème siècle. 

Ce quartier était celui des artisans : tanneurs, drapiers et teinturiers qui puisaient l’eau du Nançon pour leurs activités. Le traditionnel lavoir accueillait également les lavandières qui utilisaient les cendres de fougères pour laver leur linge. 

On retrouve ces maisons à pans de bois notamment la Maison de Savigny (14 et 15ème siècle) sur la place du Marchix, rue de Savigny et rue des Fontaine où se tenait le premier marché à bestiaux.  

BON À SAVOIR

Il est possible d’avoir une visite commentée du quartier médiéval en participant aux visites guidées de la Ville Basse, effectuées par les guides conférenciers de la ville de Fougères durant les mois de Juillet et d’Août. Le prix : seulement 2€, ou gratuit avec le ticket d’entrée du château !

L’église Saint-Sulpice

Eglise Saint Sulpice-Destination Fougères

Fondée au 11ème siècle au sud du château, reconstruite au 15ème et 16ème dans un style gothique flamboyant, achevée pour le chœur au 18ème siècle, l’église St Sulpice est l’une des plus riches de Bretagne. À l’intérieur, vous découvrez la nef charpentée en carène de bateau renversé, le chœur en style rocaille du 18ème siècle, les boiseries Louis XV, les retables médiévaux en granit, les vitraux du 16ème siècle, œuvres du maître verrier fougerais Pierre Symon. À gauche de la nef, le retable consacré à Notre Dame des Marais est l’un des rares retables médiévaux en granit conservé en Bretagne, avec celui des tanneurs qui se situe dans la chapelle mortuaire. A l’extérieur, les sculptures frappent par la fantaisie de leur inspiration. Vous trouverez notamment la gargouille dite « le Satyre » et la sculpture de la fée Mélusine au-dessus de la porte sud de l’église. 

La statue Notre-Dame-des-Marais proviendrait du château primitif. Lors de la prise de la citadelle en 1166, cette vierge allaitante aurait été jetée par les guerriers anglais dans les douves alentours, où elle aurait été retrouvée au 14ème siècle. 

La fée Mélusine : l’image de la fée aux cheveux longs, son miroir à la main, orne l’un des vitraux de Saint-Sulpice. Elle a donné son nom à l’une des tours du château. Selon la légende, Mélusine tua son père pour défendre sa mère maltraitée. En punition de son crime, elle fut condamnée à sa transformer chaque samedi en femme serpent. Pour garder le secret, elle se réfugiait dans un souterrain du château. Surprise un jour par son mari, elle demeurerait depuis dans cette cachette. On dit aussi que Mélusine s’envola dans un cri et qu’à l’aube des grands drames, son hurlement retenti toujours au-dessus de la ville de Fougères. 

Petits secrets entre Passeurs d’histoires…  

Très pieux, Raoul II fit construire une chapelle au château. Aujourd’hui disparue, il semblerait que Perrine ait retrouvé son emplacement et les raisons de son étrange disparition au début du XVIe siècle.  

Essayez d’en savoir plus durant la visite ! 

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